Synthèse historique de Douvrin


D'or au chef de gueules chargé d'un lion léopardé d'argent
 
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Chef : pièce délimitée par un trait horizontal et qui occupe la partie supérieure de l'écu.

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Gueules : émail de couleur rouge.

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Léopardé : qualifie le lion lorsqu'il est figuré passant et qu'il est pourvu de la queue du léopard.

Blason d'origine de la
Commune de Douvrin adopté en mai 1960 par le Conseil municipalité
Référencé dans l'annuaire
internationale héraldique

Modification décidée en 1996
avec l'ajout de la médaille de la Guerre 14/18 et de lauriers

L'étymologie de Douvrin se rattache à la racine celtique DUBR qui signifie « eau » et la terminaison « IN » indique "habitation", de sorte que Douvrin signifie « habitations sur eau ».

Des fouilles pratiquées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) au lieu-dit "La Timbale", laissent présager la préservation de sites antiques. Des tessons et des tuiles romaines des premier et deuxième siècles après notre ère ont été retrouvés près du giratoire de la RD 165e. Une preuve supplémentaire de la présence d'activités humaines sur cette partie du territoire communal. Des études plus poussées sont prévues en laboratoire.

Les origines de Douvrin remontent aux premiers siècles de l'ère chrétienne. La voie romaine d'Arras à Estaires donne un autre indice de l'antiquité de la commune. L'extrémité d'une villa gallo-romaine, qui daterait au plus tard du début du deuxième siècle après Jésus-Christ, a été mis à jour, des éléments de mobilier céramique ont été retrouvés. Cette découverte n'est pas une surprise, puisqu'on sait que ce secteur est longtemps resté une zone alluviale, qui comportait de nombreux fossés pour drainer les terres. Des poteaux et des restes de palissade ont été également retrouvés. Ce qui confirme une occupation humaine dans un secteur marécageux, qui d'après les relevés, se situerait, aujourd'hui enfoui, du côté du canal d'Aires.

D'autres fouilles de l'INRAP sur 7.700 m² de terrain prévu pour l'extension du Parc d'industries "Artois-Flandres" ont permis de découvrir des traces visibles de pieux datant de la période Gallo-romaine. Ce qui laisse supposer une activité de rouissage de végétaux. Ces pieux ont pu constituer l'armature de cuves dans lesquelles auraient été mis à tremper les végétaux.

Le rouissage est une technique qui consiste à faire macérer des tiges de végétaux dans une eau croupissante riche en bactéries. L'action permet de détruire la matière gommeuse qui soude les fibres. Elles sont manufacturées pour en faire des tissus ou du cordage.

Jadis, la nature fortement marécageuse de l'endroit obligea les habitants à se regrouper sur des promontoires.

Les premiers documents sur Douvrin ne remontent qu'à 1098.

Une étude orthographique a permis de retrouver les différentes façons d'écrire le nom de notre localité aux divers âges de son époque :

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Doverin : 1098

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Dovring : 1120

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Dovrin : 1149

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Dovrign : 1218

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Douvringum : 1229

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Douvring : 1290

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Douvrin : au XVème siècle et aux siècles suivants

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Douvrain : 1652

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Et depuis, la dénomination de Douvrin est restée

Il y eut à Douvrin plusieurs seigneuries relevant de l'Abbaye de Saint-Vaast d'Arras, dont celle de Douvrin-Montereau.

Une seule était appelée Seigneurie de Douvrin et le plus ancien détenteur connu est Anselme, témoin d'un acte passé par le Comte de Flandres, Thierry d'Alsace, en 1149. Ce fief passa ensuite aux mains des Fretin au XIIIème - milieu du XIVème siècle, puis des Canteleu (XIVe - XVIème siècles), des Bernemicourt et Saluces de Bernemicourt jusqu'au 1747, aux Vanderlaen et enfin Languedonc (ou Lendoncq) au XIXème.

Pendant toute la fin du Moyen-âge et la renaissance, Douvrin fut le théâtre de combats entre français et espagnols avant que l'Artois rejoigne définitivement la France en 1659 grâce au Traité des Pyrénées.

En 1789, le premier maire de la commune fut Joseph Lirderman.

En 1863, une société minière est constituée dont la concession fut vendue en 1873 à la société des mines de Lens. Après sa réorganisation, un chemin de fer a été établi pour la relier au rivage du pont à Vendin et au chemin de fer de Béthune à Lille.

Extraits des Cartes de "Cassini"

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C'est donc peu dire que Douvrin fait partie intégrante du Bassin Minier. La commune fut détruite à 95% pendant la guerre 14-18. Après celle-ci, s'entrouvrit, l'époque de la reconstruction. L'église Saint-Denis, reconstruite dans les années 20, possède une chaire inscrite à l'inventaire des monuments historiques (1880) .

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la commune fut occupée par les forces ennemies et fut rattachée au commandement militaire allemand de Bruxelles.

A la fin des années 60, le gouvernement décide - dans le cadre de la reconversion industrielle - de créer une zone industrielle à cheval sur Douvrin et la commune voisine de Billy-Berclau. Un syndicat intercommunal naît et regroupe 20 communes. Une grande entreprise de fabrication de moteurs (pour Renault et Peugeot, principalement) s'installe : la Française de Mécanique qui occupe la moitié de la zone industrielle.

En 2003, la Commune de Douvrin signe une charte de jumelage avec La Gombé, ville de la République démocratique du Congo.

Les anciens Maires de Douvrin


1919-1931 M. Jean Fievet

1931-1935 M. Julien Courcel

1935-1939 M. Charles Briquet

1939-1945 M. Henri Thobois

1945-1947 M. François Lelong

1947-1958 M. Léopold Gleizes
Né en 1887 - Décédé en 1958

Conseiller municipal de 1945 à 1947

Agent des contributions directes pendant 32 ans

Titulaire de la Médaille militaire (03/03/1932)
Titulaire de la Croix de Guerre (09/1915)
Titulaire des Médailles d'Orient et de Serbie
 

1958-1981 M. Georges Gleizes
Né en 1920 - Décédé en 2014

Président du Syndicat Intercommunal de la Zone Industrielle Régionale de Douvrin - Wingles - Billy-Berclau
Candidat titulaire aux élections législatives de 1973

Agent aux Houillères du Nord-Pas-de-Calais

Georges Gleizes entre à la Compagnie des Mines de Lens en 1944 comme commis aux écritures. Il est d’abord affecté aux approvisionnements puis en gravissant les échelons se retrouve employé aux écritures à la fosse 13 de Lens et ainsi qu’à la Direction générale, aux services sociaux.

A partir de 1970, une promotion lui fait prendre le grade de rédacteur. Il intègre l’équipe du service des Relations publiques comme correspondant local pour le Groupe de Lens et propose articles et photographies pour le journal d’entreprise des HBNPC : Relais

Après trente et un ans d’activité au sein des Houillères, Georges Gleizes prend sa retraite en mars 1975

Source : Centre historique Minier de Lewarde

1981-1982 M. Joseph Jacques
Décédé en 1982

1982-1983 M. Jean - Mary Valambois

Adjoint au Maire de 1977 à 1982 et de 1983 à 1984
Conseiller municipal de 1995 à 2001
Député suppléant de 1981 à 1986
Président du SIVOM de Cambrin

1983-1989 M. Abel Brulé

1989-1995 M. Jean - Mary Valambois

Adjoint au Maire de 1977 à 1982 et de 1983 à 1984
Conseiller municipal de 1995 à 2001
Député suppléant de 1981 à 1986
Président du SIVOM de Cambrin

1995-2001 M. Joseph Pasquier

Conseiller municipal de 1989 à 1995
Adjoint au Maire de 2001 à 2008

Directeur de l'Ecole élémentaire Marie Curie de Douvrin
entre 1987 et 1994

2001-2008 M. Vincent Pasquier

Conseiller municipal de 1995 à 2001
Conseiller municipal de 2008 à 2014

2008-2009 M. Serge Gorillot

Adjoint au Maire de 1995 à 2001 et de 2001 à 2007
Conseiller municipal de 2007 à 2008
 

2009-2010 Mme Claudia Guilbert

Conseillère municipal de 1995 à 2001
Adjointe au Maire de 2008 à 2009


L'église Saint-Denis est l'un des monuments-phare, avec l'Hôtel de ville, symbolisant le mieux la commune.



Source Photographique : Association HAD

Source Photographique : Association HAD

Source Photographique : Association HAD

Détruite complètement lors de la Guerre 14/18, la pose de la 1ère pierre de l'Eglise actuelle eut lieu le 28 septembre 1924, et la bénédiction de l'église terminée, le 25 septembre 1927.

L'église de Douvrin se compose du chœur et de 3 nefs latérales qui avaient chacune leur porte destinée à séparer les sexes : la porte de Saint-Denis pour les hommes , et la porte de la Sainte-Vierge pour les femmes.

La chaire de Vérité en chêne sculpté, on y monte par un escalier aux rampes merveilleusement travaillées. La Vérité chrétienne écrasant le démon de l'erreur. La chaire et les vitraux sont classés « monuments historiques »



Source Photographique : Association HAD

Source Photographique : Association HAD

Vue aérienne de l'église Saint-Denis - Années 1980

Plan de l'Eglise construite en 1878 de M. Dutouquet, Architecte des Facultés catholiques de Lille et de M. Rouzé, Entrepreneur de Lille


Restauration de la chaire de l'Eglise Saint-Denis

Avant la Première Guerre mondiale, Douvrin avait l'une des plus belles églises du Diocèse d'Arras (construite en 1878-1880).

Entièrement détruite pendant la guerre de 1914-1918, il n'en avait resté que la "Chaire de vérité", qu'un colonel allemand avait fait transporter à Annœullin. Cette chaire magnifique en chêne sculpté fut rendue à la commune en 1921, endommagée par les bombardements et les nombreux transferts, fut restaurée par M. Lenclos, sculpteur à Beuvry.

Aujourd'hui, de nouveaux travaux de restauration sont nécessaires pour cette œuvre classée à l'Inventaire des Monuments historiques depuis 1985. L'ensemble en chêne est en bon état de conservation mais fortement encrassé par les poussières, quelques sculptures sont à refixer et d'autres sont manquantes.

La Commune de Douvrin a sollicité la Direction régionale des affaires culturelles afin d'obtenir une aide financière qui a été accordée à hauteur de 50% du montant des travaux. Ceux- ci ont été menés par l'atelier Grigny de Lille. David Grigny, Meilleur ouvrier de France, a été à l'œuvre pendant l'été 2008. Enfin, la chaire a retrouvé sa splendeur d'antan.


Suite à la Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État, modifiée et complétée par celle du 13 avril 1908, les édifices affectés au culte sont devenus propriété des communes qui en assument les dépenses d'entretien.

Capitaine Charles Dulieux
Héros de la Résistance


Avec l'aimable autorisation de sa petite-fille
Mme Véronique Dubois

Charles Dulieux est né le 20 août 1913, à Wingles. Il est l'aîné des 5 garçons de la famille Dulieux. Après son certificat d'études, Charles quitte l'école pour entrer dans les "mines", auprès d'un comptable. Plus tard, il prend des cours du soir et se spécialise notamment en chimie. Ce qui lui permet d'être embauché aux laboratoires de l'entreprise H.G.D : "Huiles, goudron et dérivés".

En 1936, il épouse Marie-Antoinette Cappelle, qui exerce la profession de postière. Quelques mois plus tard, leur fils Claude naquit (d'autres enfants suivront : Annie en 1940 et Charles en 1944). Le 1er septembre 1939, Charles Dulieux est mobilisé comme infirmier sous le grade de caporal. Pendant la "drôle de guerre", il part avec sa compagnie en Belgique pour tenter de repousser l'offensive des forces nazies. La suite, nous la connaissons tous : blitzkrieg, l'Armistice de pétain, l'occupation allemande sur une grande partie de la France, la collaboration et l'Appel du Général de Gaulle à résister...

Charles Dulieux se trouve en zone dite libre ; il réussit, avec de faux papiers, à rejoindre sa famille et son foyer douvrinois. Peu après, il finit par se convaincre de suivre l'Appel du Général de Gaulle. Le foyer de Charles est réquisitionné, il est dans l'obligation de cohabiter avec plusieurs allemands pendant des mois. Cela ne l'empêche pas d'écouter les émissions françaises à la B.B.C.

En 1942, il devient le Chef du réseau (avec le grade de capitaine) du 3ème secteur du mouvement de résistance : "La Voix du Nord". De nombreuses missions l'obligent à des sorties nocturnes, de plus en plus fréquentes. Il instruit les plus jeunes au maniement des armes et participe au sabotage des convois ferroviaires ennemis. En 1944, après que les Allemands eussent quitté la demeure familiale, le grenier des dépendances se transformera en dépôt d'armes et de munitions.

Le 2 mai 1944, Charles Dulieux est arrêté, avec deux amis, par la gestapo, sur dénonciation. Il porte sur lui des documents compromettants. Sa maison fait l'objet d'une perquisition mais les Allemands oublient par chance de fouiller les dépendances où se trouvent les armes. Peu après, des résistants réussissent le déménagement du dépôt d'armes. Charles est transféré à la prison de Saint-Nicolas-lez-Arras. Marie-Antoinette n'aura des nouvelles de son époux qu'après la comparution de Charles devant le tribunal militaire allemand où il échappera de peu à la peine de mort.

Le 2 septembre 1944, il est dirigé vers Lille. Il est déporté en l'Allemagne, à bord d'un train. Le 17 septembre 1944, après un voyage dans des conditions extrêmement pénibles, il arrive au camp de Buchenwald. Le 8 avril 1945, devant l'avance Alliée, les officiers nazis obligent certains prisonniers - dont Charles Dulieux - à évacuer le camp et à prendre la direction de la Tchécoslovaquie. Malgré la fièvre typhoïde et la dysenterie, le Capitaine Charles Dulieux entame un autre voyage effroyable mais il n'arrivera pas au bout du terrible chemin...

L'Administration française fixa la date du décès au 30 avril 1945. En 1946, Claude, le fils de Charles, reçut la Légion d'Honneur que le Gouvernement accordait à son père, à titre posthume. La Commune de Douvrin a rendu un hommage public à Charles Dulieux, en faisant porter son nom, par une artère importante.


M. Victor Dejong
Héros de la Résistance

M. Victor Dejong, né le 24 mai 1904 à Vendin-le-Vieil, est fusillé le 27 mars 1943 à la Citadelle d'Arras. Il travaillait chez Finalens.


M. Elie Vasseur
Héros de la Résistance

M. Elie Vasseur, né le 7 juin 1892 à Douvrin, est abattu le 14 janvier 1943 à Douvrin par la gendarmerie. Rentré à la mine à 13 ans, il était devenu délégué mineur en 1929. Marié, il était le père de six enfants. En 1912, il part faire son service militaire à Béthune au 73e RI, il fera la campagne de Belgique et de la Marne, puis sera réformé à 30 % suite à des maladies contractées dans les tranchées. A l’Armistice de 1918, il se trouve dans les mines de Champagnac dans le Cantal. En 1935, il devient Premier Adjoint au Maire de Douvrin. Avant l’arrivée des Allemands, il sera arrêté et incarcéré à la prison de Loos, pour des déclarations publiques accusant le Gouvernement d’être noyauté par la 5e colonne. Il entre en résistance au sein du Parti communiste. Traqué, il part travailler dans les mines de fer de Meurthe-et-Moselle. Le 14 janvier 1943, la gendarmerie française encercle sa maison. Elie y trouvera la mort de plusieurs balles.